PREVIEW - GIRO D'ITALIA 2026 - STAGE 4
- il y a 4 jours
- 11 min de lecture

Après une journée de transfert / repos, le Giro pose ses roues en Italie à l'occasion de la quatrième étape entre Catanzaro et Cosenza.

PROFIL

Au programme, étape assez rapide avec seulement 139 kilomètres de course, et 1600 mètres de dénivelé positif.
La journée se découpe en 3 parties.
Avec une première portion toute plate de 80 bornes, avant d'attaquer le dur de la journée avec l'ascension du Cozzo Tunno au kilomètre 80.
C'est LA montée du jour, là ou le scénario se dessinera. Rien à voir avec l'étape, 3, cette fois-ci c'est un col de 14,4 kilomètres à 6 % de pente moyenne qui se dressera.
Mais le point principal, au sommet il ne restera plus que 40 kilomètres de course, dont une longue descente en deux temps de 8 puis 7 kilomètres.

LES DERNIERS KILOMÈTRES
Une fois au pied de la dernière descente, il restera encore 20 kilomètres de plat jusqu'à l'arrivée.
Les 10 derniers kilomètres seront assez tranquille avec un enchaînement à 9 bornes de l'arrivée, jusqu'au 2 derniers kilomètres ou le parcours sera très technique.

Tout d'abord, à 1,5 kilomètres il faudra gérer un enchaînement gauche droite à 90 degrés sur une route à deux voies. S'en suivra une remontée faux plat montant sur le pont après une large courbe.
Au passage à la flamme rouge, rond point à négocier tout droit, puis second rond point juste après pour rejoindre la partie la plus technique de l'arrivée.

L'enchaînement final se tient en 900 mètres, et à partir de là il se presque impossible de remonter correctement.
Avec un premier rond point à prendre tout droit tout de suite suivi par un virage droite 90 en légère courbe.
90 mètres après, nouveau virage avec un 90 gauche qui propulsera les coureurs vers l'ultime virage du jour. Ce dernier se prendra à haute vitesse, et à sa sortie plus que 400 mètres, avec une petite (grosse) subtilité.

Vue complète du parcours des derniers kilomètres :

Et enfin, dernier point très important, les 500 derniers mètres se feront en faux plat montant progressif. C'est à dire que la moyenne est de 3,7 % de pente, mais les 50 derniers mètres sont plutôt autour des 5/6 %.

MÉTÉO DU JOUR

22 degrés, pas de pluie, mais du vent.
Ce dernier soufflera du l'Ouest à près de 15 km/h de moyenne avec des rafales jusqu'à 36. Il diminuera au fur et à mesure de l'étape.
Mais il sera de côté et de 3/4 dos dans l'ascension du Cozzo Tunno. Puis de pleine face sur la ligne droite finale de 400 mètres.
LECTURE DE COURSE
C'est un profil très particulier qui se présente sur cette 4e étape.
La présence de la montée de seconde catégorie de Cozzo Tunno change clairement la donne pour les sprinteurs, même si le vent sera portant sur 2/3 de l'ascension.
Personnellement je n'attend pas d'attaques dans cette montée. Astana voudra contrôler pour garder son maillot rose et il est assez probable que Thomas Silva passe la difficulté avec le peloton. De plus, il faudrait gérer les 20 bornes de plat du pied de la descente jusqu'à l'arrivée, et je ne vois pas vraiment de coureur (hors CG) qui ont ses qualités.
En revanche, il est logique de penser que des formations disposant d'un gars rapide et polyvalent décident d'embrayer dans le col. Comme la Movistar, la NSN ou la XDS Astana.
Sans surprise, les purs sprinteurs vont sauter comme Groenewegen, Milan, Malucelli ou Ackermann.
Mais le peloton devrait être encore assez nombreux au sommet avec pas loin de 70 unités.
Le final sera la partie la plus compliquée à gérer, pour les sprinteurs polyvalents il faudra choisir entre faire embrayer son équipe dans le col pour faire sauter les gars rapide, au risque de manquer d'équipiers dans le final qui risque d'être très décousu. Ou alors faire basculer tout le monde mais garder un train conséquent pour gérer le placement à la fin.


XDS - Astana Team
SILVA Guillermo Thomas

Actuel maillot rose et vainqueur de l’étape 2, je vais reprendre sa phrase d’interview pré Giro après son stage : “je suis en pleine forme, les sensations en montagne sont fantastiques”.
Sur l’étape 2 je n’avais pas osé poster le bet car il sortait d’une chute sur la journée d’ouverture. Mais vu la forme affichée, réussissant à tenir des tops grimpeurs avant de sortir un sprint de monstre dans le final, l’Uruguayen possède une nouvelle grosse opportunité sur cette 4e étape.
Chez XDS Astana, la logique voudrait qu’on roule dans le col. Le seul problème, c’est l’effectif. Je vois surtout Ulissi, Scaroni et Harold Lopez capables de soutenir le maillot rose et d’éliminer du monde, mais il faudra un vrai train pour gérer ensuite le final technique. Car seul, j'ai un peu peur qu'il ai des lacunes de placements pour viser la victoire comme montré en Catalogne.

NSN Cycling Team
STRONG Corbin

Dans le même style, Corbin est tout aussi polyvalent, mais peut-être encore plus rapide.
Sur l’étape 2, beaucoup l’attendaient, mais il est tombé sans gravité et n’a jamais réussi à rentrer avant l’emballage final.
C’est clairement la meilleure carte de la NSN, même si vu l’effectif il devra probablement se débrouiller seul dans le final pour se placer.
Il reste malgré tout très bon pour naviguer sur des sprints en comité réduit, et cette arrivée correspond parfaitement à son profil avec un sprint basé sur la résistance et le punch dans les 100 derniers mètres.

Movistar Team
AULAR Orluis

Et on reste dans le thème des gars rapides qui ont tout intérêt à voir le peloton exploser dans le col, avec le Vénézuélien Orluis Aular.
Cela dit, son début de Giro n’est pas vraiment convaincant. Absent des deux sprints “plats”, il n’a même pas accroché le premier groupe sur l’étape 2 alors qu’il avait clairement quelque chose à jouer.
Sur cette étape, il profitera d’un profil court avec moins de 140 kilomètres de course. Le col devrait aussi lui convenir, tout comme l’absence de pluie.
J’imagine bien la Movistar rouler dans l’ascension pour essayer de faire un minimum d’écrémage et favoriser leur sprinteur polyvalent. Mais il est fort probable qu'il doive se débrouiller solo dans le final.


Decathlon CMA CGM Team
ANDRESEN Tobias Lund

Sur le papier, c’est LE sprinteur qui doit pousser son équipe à embrayer dans le col pour éliminer une partie de la concurrence tel que Magnier et Milan.
Le seul problème, c’est que si la D4 décide vraiment de rouler, il est fort probable qu’ils fassent sauter une partie du train d’Andresen avec Gudmestad, Naesen et Pedersen R.
La vraie question est donc simple : est-ce qu’on fait tout exploser en laissant Tobias gérer seul les deux derniers kilomètres ultra techniques au risque de se faire avoir, ou est-ce qu’on monte plus proprement pour basculer avec suffisamment de monde afin de construire un vrai train dans le final en prenant le risque de garder Magnier au sommet ?

Bahrain Victorious
ZAMBANINI Edoardo

Pour le coup, Edoardo et Bahrain doivent faire exploser le peloton dans le col.
Après l’abandon de Buitrago sur chute, il ne reste plus vraiment que Caruso pour le général. Je vois donc l’équipe se tourner davantage vers les victoires d’étapes, avec notamment Zambanini sur un profil comme celui-ci, avec un autre profil intéressant le lendemain pour Eulalio idéalement.
Sur l’étape 2, il est tombé sans gravité mais, comme Strong, il n’a jamais réussi à rentrer sur le peloton avant le sprint.
C’est clairement une étape taillée pour lui, et si l’écrémage est important dans l’ascension, il possède largement la puissance et le punch pour gérer ce type d’arrivée. Mais bien évidement, si il reste encore des Lund Andresen, Magnier, et autres, bon courage.

Unibet Rose Rockets
KUBIS Lukas

Très clairement Dylan ne passera pas.
Et dans la logique des choses c'est à Lukas d'aller jouer sa carte sur une arrivée parfaite pour lui.
La formation conti pro évolue dans une très bonne atmosphère depuis le début du Giro, et après avoir travaillé pour son sprinteur, c'est à lui de jouer sa carte.
La finish sera technique et l'arrivée montante vent de face pourrait lui convenir.
Pour la victoire j'ai peur qu'il tombe cependant sur plus rapide que lui, et surtout sur un coureur qui sache se placer. Mais j'ai bien aimé le train de la Unibet pour aider Dylan, et il est probable que certains s'accrochent pour soutenir Lukas cette fois ci.


Soudal - Quick Step
MAGNIER Paul

Selon moi, Paul ne passera pas l'ascension SI une équipe décide d'embrayer un minimum.
Le français est beaucoup moins à l'aise qu'avant dans les longs cols et le fait d'avoir axé son entrainement sur le sprint pur ne l'arrange pas.
Il dépendra clairement du rythme qui sera imprimé dans la bosse, et vu la forme affichée sur les étapes 1 et 3, certaines formation vont tout faire pour qu'il explose.
Mais en revanche, si il arrive à basculer, le final technique et montant semble taillé pour lui. Le collectif Soudal pourrait l'aider si il est à 1 minute du peloton au sommet, mais difficile à dire sans connaître les stratégies des équipes.
Maintenant, si il bascule avec son train, bon courage pour aller lui enlever la victoire sur une arrivée comme celle-ci.

Netcompany INEOS Cycling Team
TURNER Ben

Je rejoins un peu l'analyse de Paul Magnier, je ne sais pas si Ben est vraiment capable de passer le col si une équipe décide de visser dedans.
Car même si il semblait fort et polyvalent en début de saison, il eu du mal sur l'étape 2 par exemple, alors qu'il avait l'étape dans le viseur. Cette fois ci la montée est bien plus roulante, et aussi vent dans le dos mais tout va vraiment dépendre du rythme imposé.
En revanche, si Ben bascule, c'est un final littéralement taillé pour lui. Coureur très habille, le seul point technique est la dernière ligne droite de 400m vent de face avec sprint montant. Il faudra être placé, mais pas devant tout de suite.

Alpecin - Premier Tech
BUSATTO Francesco

J'ai du mal à voir Groves passer le col, surtout vu la forme après sa chute étape 1.
Et chez Alpecin, c'est logiquement Busatto qui va tenter sa chance. Profil parfait de puncheur sprinteur, l'étape lui convient à merveille.
Sur l'étape 2, le final était trop mouvementé pour lui, mais il à réussi à terminé à 1 minute du groupe de tête, terminant 3e de son groupe.
Il bénéficiera d'une arrivée très technique comme il aime, alors pourquoi pas le voir jouer un beau résultat.

UAE Team Emirates - XRG

Et enfin, côté UAE on va avoir envie d'amener du positif dans le bus avec une potentielle victoire d'étape. 3 cartes en main, mais qui pour scorer ?
Déjà, Jhonatan Narvaez. Assez difficile de juger, l'équatorien revient d'une grosse blessure, et est tombé sur l'étape 2 ce qui nous empêche de deviner sa forme. Par contre, sur l'étape 2 UAE à annoncé qu'elle roulait pour lui, assez rassurant, et l'histoire pourrait se répéter ici.
Ensuite, Jan Christen. Pour le coup, lui il est en forme vu le retour qu'il à fait sur les hommes de tête dans le final de l'étape 2, pour aller se classer 8e quand même. Cela dit, je pense qu'il ne gagnera pas aujourd'hui car le profil n'est clairement pas assez punchy. En revanche il à du cibler l'étape 5. Mais vu son tempérament, on est pas à l'abri d'une late attack de sa part si le peloton est vraiment réduit dans le final, et qu'il décide de profiter de la désorganiser de se dernier.
Et enfin, Antionio Morgado. Sur l'étape 1 il à pris des bonifs pour placer la voiture UAE au sommet de la file, et non pour jouer le maillot rose le lendemain.
Sur cette étape il pourrait clairement jouer sa carte. Parcours usant avec une arrivée en faux plat montant tout en puissance, il devrait passer le col sans trop broncher. Mais je pense qu'UAE va surtout jouer la carte Narvaez et laisser le rôle d'équipier à Morgado.
PARI(S) JOUÉ(S)
Veuillez noter que cet avis est strictement personnel. L'objectif n'est, ni d'influencer, ni d'inciter qui que ce soit à suivre les recommandations ou à utiliser votre argent. Si vous choisissez de suivre les paris mentionnés ci-dessous, soyez prudent avec vos mises et respectez votre gestion de bankroll.
BET(S) EN SIMPLE
Etape clairement pas simple à lire. Même si de mon côté je penche plus sur un scénario sprint à 60 unités environ.
Déjà, la distance courte de l'étape et les 80 kilomètres tout plat du départ au pied de l'ascension ne vont pas fatiguer grand monde.
De plus, la présence d'un vent de 15 km/h poussant de 3/4 dos et parfois de dos les coureurs sur les 2/3 de la montée du col va limiter les dégâts au sommet.
Ensuite, on tend vers un cyclisme de plus en plus frileux sur ce genre d'étape ce qui me laisse douter sur le rôle de certaines équipes dans la montée, comme pour D4 par exemple qui pourrait préférer de faire basculer des équipiers avec Andresen au sommet et laisser d'autres formations rouler.
Mais on à des équipes qui ont presque obligation de rouler et d'accélérer dans le col, je retiens la XDS Astana pour Silva avec Ulissi, Scaroni et Lopez. Mais aussi la NSN pour Strong avec Schultz et Hirt et la Movistar pour Aular avec Romo, Rubio, Lopez, Milesi.
Mais aussi deux formations avec la Bahrain et la UAE qui ont l'effectif pour imposer un très gros rythme dans le col en vu de propulser Zambanini et Narvaez vers une potentielle victoire.
Même si ils devraient être plus actif sur l'étape 5 à mon avis.
Je pense qu'il y aura quand même un rythme important dans la montée pour faire sauter au minima Milan et Magnier. Le col est long et même si il est à 6 % de pente, la plupart des sprinteurs vont clairement sauter.
Je m'attend quand même à un sprint très désorganisé avec des trains éclatés voir inexistant ou le placement et surtout le timing du lancement vent de face en arrivée montante sera plus que décisif.
Mais le rythme réel du col dépendra de la stratégie UAE. Je pense qu'ils vont rester "sage" pour faire basculer Morgado avec Narvaez pour lui servir de poisson pilote dans le final.

NSN Cycling Team
STRONG Corbin

Bet : Victoire
Côte : 9 - Winamax
Unités jouées : 0.15u
C'est une énorme opportunité de victoire pour NSN qui peut profiter de la polyvalence de Strong pour faire sauter un paquet de monde dans le col.
Et j'ai préféré le néo-zealandais à Andresen pour la simple et bonne raison qu'il navigue parfaitement sur des sprints de ce genre et qu'il sait se débrouiller sans équipiers.
Le final correspond assez bien aux deux sprinteurs de toute façon, mais je préfère Strong sur un parcours aussi court, et à cette cote.
J'ai peur que Lund Andresen ne s'impatiente dans les 400 derniers mètres et ne lance trop tôt, vent de face, contre un plus petit gabarit qui aime les sprints en résistance.

Alpecin - Premier Tech
BUSATTO Francesco

Bet : Podium
Côte : 20 - Winamax
Unités jouées : 0.1u
Plutôt un bet de polyvalence et de value à mon sens.
En plus d'être la carte de son équipe sur cette étape, Francesco Busatto à le niveau pour passer le col contrairement à Groves. Mais il à surtout la capacité de placement sur ce genre de final pour être parmi les premiers à la sortie du dernier virage.
Son punch est très bon, et sur un effort tout en résistance comme ici il pourrait bien réitérer son podium du Tour de Catalogne, sur arrivée similaire.

Bahrain Victorious
ZAMBANINI Edoardo

Bet : Podium
Côte : 20 - Winamax
Unités jouées : 0.1u
Autre petite pièce sur un italien avec le podium de Zambanini.
Je le vois bien prendre sa revanche de l'étape, et les 400 derniers mètres collent parfaitement à ses qualités. Il aura l'avantage d'accrocher plus facilement le peloton que certains dans le col, et si Segaert passe aussi, il aura un gars pour le placer dans le final.
La victoire reste assez irréaliste, car il faudra une montée très rapide avec un énorme écrémgage et aucun sprinteur, ce dont je ne crois pas, mais pour un podium je trouve la cote assez intéressante.
Merci d'avoir pris le temps de lire cet article.
We Love Sports vous souhaite une bonne course.

Crédits :
Maillots des équipes : pcmmod.com
Profil de l'étape : cyclingfantasy.cc
Météo : meteoblue.com
PREVIEW - GIRO D'ITALIA 2026 - STAGE 4




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